Rapport de la CENH : le terme « ciseaux moléculaires » donne une fausse impression de précision et de contrôle. Le Conseil fédéral doit communiquer de manière plus honnête

Zurich, le 9 avril 2026 – La Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain a publié aujourd'hui un rapport sur la terminologie utilisée dans le débat public sur le génie génétique. Ce rapport souligne que des termes tels que « ciseaux moléculaires » peuvent évoquer délibérément des connotations positives et que la Confédération est donc invitée à faire preuve de retenue dans sa communication publique. L'Association pour des aliments sans OGM se sent confortée dans son point de vue et estime qu'il est nécessaire d'agir.

Comme le souligne clairement le rapport de la Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain, le terme « ciseaux moléculaires », par exemple, peut être utilisé de manière délibérée pour suggérer que les nouvelles techniques de génie génétique seraient précises, simples et contrôlables. Une image qui ne reflète pas entièrement la réalité scientifique. Ainsi, une intervention CRISPR peut avoir lieu simultanément à plusieurs endroits non prévus du génome (effets off target). De plus, le processus de réparation de l'ADN qui s'ensuit n'est pas un processus technologique, mais un processus biologique sujet à des erreurs, que la cellule effectue elle-même et qui n'est pas entièrement contrôlable. La connotation même de « nouvelles » techniques de génie génétique donne l’impression que des technologies telles que CRISPR/Cas sont meilleures que les anciennes, ce qui donne une image très réductrice. Ainsi, lorsque le Conseil fédéral utilise des métaphores telles que les « ciseaux moléculaires » dans le débat public, il doit le faire avec retenue et fournir un contexte suffisant pour éviter que l’utilisation de tels termes n’occulte délibérément des aspects négatifs, comme les risques liés au génie génétique. Martin Graf, président de l'Association pour des aliments sans OGM, déclare : « Le Conseil fédéral a le devoir de communiquer de manière juste et honnête. Cela implique d'éviter autant que possible les descriptions simplistes ou incomplètes que le terme « ciseaux moléculaires » peut par exemple susciter et de mentionner systématiquement les risques et les inconvénients liés au génie génétique. »

La manière dont le génie génétique fait l'objet d'un débat public influence fondamentalement la prise de décision de la population. Comme le souligne désormais également la CENH dans son rapport, le Conseil fédéral a le devoir d'informer la population de manière transparente et honnête, afin de permettre à chaque citoyenne et à chaque citoyen de se forger une opinion sur la base d'informations neutres. Du point de vue de l’Association pour des aliments sans OGM, le Conseiller fédéral Albert Rösti, en particulier, ne s’acquitte pas correctement de cette obligation jusqu’à présent. Il tente par exemple, avec le titre de la nouvelle loi spéciale « Loi fédérale sur les végétaux issus des nouvelles technologies de sélection (LPNS) », de suggérer qu’il ne s’agit pas de génie génétique, ce qui est sciemment faux. « Le débat autour de la loi spéciale sur le génie génétique illustre parfaitement comment le Conseiller fédéral Rösti tente d’introduire des OGM dans nos assiettes par des moyens détournés » constate Dominik Waser, directeur de l’Association pour des aliments sans OGM.

Pour davantage d’informations, veuillez contacter : 

  • Dominik Waser, directeur de l’Association pour des aliments sans OGM, 079 313 98 02

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