Vos questions sur la suite

Le mois dernier, nous avons lancé un sondage sur l'avenir de l'initiative pour la protection des aliments ainsi que sur le travail de notre association. Les résultats sont très encourageants ! Pas moins de 98% des membres de notre communauté estiment que nous devons absolument poursuivre notre action en faveur d'une alimentation sans OGM. Le sondage laissait également place à vos questions. Nous répondons ici à vos interrogations les plus fréquentes.

  • L'initiative pour la protection des aliments est la première initiative dont la phase de récolte a été aussi fortement influencée par ces changements de pratiques. La modification du règlement nous a obligé·es à récolter environ 10’000 signatures supplémentaires (ce qui a entraîné des coûts additionnels). Cela n’a pas été une tâche facile, surtout en cette période de fin d’année. Il est par ailleurs choquant que la Chancellerie fédérale ne nous ait pas informés en temps utile et de manière adéquate en tant que comité d’initiative. C’est ce qu’a également constaté un rapport de la Commission de gestion du Conseil des États publié mi-avril. Selon une analyse que nous avons réalisée en collaboration avec la Fondation pour la démocratie directe, 4 à 5% des signatures pourraient être concernées par ce changement de règlement. C'est nettement plus que ce que la Confédération avait communiqué (environ 1%).

    À l'heure actuelle, nous ne savons pas combien de signatures de l'initiative pour la protection des aliments ont été déclarées invalides à la suite de ce changement de pratique. Nous estimons toutefois qu'il s'agit de plusieurs milliers.

  • Nous avons toujours communiqué de manière transparente en nous appuyant sur les chiffres fournis par notre partenaire externe chargé de la certification. Le jour du dépôt, nous étions convaincu·es que les 104’000 signatures valides que nous avions recueillies étaient suffisantes pour que l'initiative pour la protection des aliments aboutisse. Selon la Chancellerie fédérale, le nombre de signatures valides déposées est toutefois nettement inférieur. À l’heure actuelle, nous ne sommes pas encore en mesure d’expliquer pleinement l’origine de cet écart ni de confirmer s’il est exact. Nous devons pour cela attendre les chiffres du recomptage des signatures et les comparer avec ceux de notre partenaire. Nous espérons vivement pouvoir expliquer ce qu’il s’est passé alors. 

    Quoi qu'il en soit, il est clair que bien plus de cent mille personnes ont signé l'initiative pour la protection des aliments, ce qui témoigne d’une volonté populaire très claire.

  • Il est vrai que divers acteurs économiques, notamment des grandes multinationales, ont un intérêt financier à ce que le génie génétique soit autorisé sans restriction. C'est également le cas en Suisse, où plusieurs grands groupes semenciers et agro-chimiques ont leur siège. Pour l’instant, rien n'indique qu'il y ait eu sabotage ou manipulation. Nous faisons confiance aux processus démocratiques en Suisse et espérons vivement qu’aucune manipulation n’a eu lieu lors de la récolte ou de la certification des signatures.

    Il est clair que, quel que soit le résultat du recomptage, nous nous engageons pour que les grands groupes agroalimentaires n’obtiennent pas carte blanche en matière de génie génétique et ne puissent pas privatiser notre alimentation à coup de brevets.

  • C'est vrai. La loi spéciale sur le génie génétique du Conseiller fédéral Albert Rösti, insuffisante et inutile, sera bientôt soumise au Parlement. Une fois qu’elle aura été débattue dans les deux chambres, il faudra peut-être lancer un référendum contre cette loi. Fin mai, l'UE rendra une décision concernant une loi potentiellement catastrophique, qui entraînerait une déréglementation massive du génie génétique dans toute l'Union européenne. Par ailleurs, une révision de la loi sur les brevets sera bientôt débattue en Suisse ; il s’agira de déterminer dans quelle mesure les multinationales peuvent breveter nos semences et, par conséquent, nos aliments.

    En bref : l’agenda est chargé. L’Association pour des aliments sans OGM continuera à s’engager sur ce sujet et à collaborer avec des organisations partenaires pour remporter cette bataille politique très importante.

  • Nous examinons actuellement tous les scénarios possibles et menons de nombreuses discussions. Pour le moment, nous pouvons affirmer qu'une deuxième récolte nécessiterait des moyens financiers considérables, dont l'association ne dispose pas encore. Il convient également de déterminer si, compte tenu du calendrier, une nouvelle collecte risquerait de manquer son objectif sur le plan politique.

    Nous continuerons quoi qu'il arrive - en collaboration avec nos allié·es - à nous engager en faveur d'une alimentation diversifiée et sans OGM.

  • Malgré les circonstances difficiles, nous nous efforçons de reprendre nos activités le plus rapidement possible. D'une part, nous nous consacrons pleinement à l'analyse de la situation actuelle, nous essayons de poursuivre les projets en cours, comme par exemple notre lettre ouverte contre les cochons génétiquement modifiés, et nous élaborons une stratégie pour l'avenir, en collaboration avec nos organisations partenaires.

    Pour l'instant, chaque don, petit ou grand, nous est précieux. Et cela nous est indispensable pour poursuivre notre travail.

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